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(02/07/2011)

Voilà une tâche bien difficile...

D'abord, cette Déesse a eu un culte très localisé, assez restreint, ce qui la rend pas facilement accessible question ressenti. Ensuite, disons que sa nature intrinsèque se porte sur une distance constante : Déesse du silence, de la froideur des tombes.

Mais avec le temps, j'apprends à apprivoiser mon rapport à Elle, et à comprendre ce que cela veut dire d'être sa suivante. Je me rends compte que c'est la plus pure simplicité et le plus pur dénuement, à l'image de la Déesse. Du coup je commence à la suivre très lentement (me caler sur son rythme), très précautionneusement. Je laisse venir les éléments progressivement, et si je n'y prêtais pas attention ça serait perdu au milieu de toutes mes autres recherches et expériences tellement c'est différent.

Meretseger m'apprend donc ces choses qui sont à la fois les plus simples et les plus difficiles, mais ce sont des essentielles :

- Elle m'apprend l'immobilité reptilienne. Attendre sur ou sous une pierre, ralentir tous les rythmes corporels et mentaux, et observer. Elle me permet ainsi de mieux me retirer du monde et faire des bilans, arrêter de gâcher de l'énergie par moment pour me reconcentrer. D'ailleurs c'est également valable pour la méditation, cette activité qui lui est si chère.

- Elle m'apprend le silence. D'un côté c'est très facile pour moi, j'ai toujours eu un caractère silencieux. Le problème vient plus du flux incessant de mes pensées qui peut revenir à du bruit incessant. Mon travail sur le silence est donc valable pour les deux. D'abord ralentir l'activité de "parole" (ou pensée), et la cesser si possible. Prendre plus de temps pour tout : autant de pas parler que de parler pour rien. Autant prendre le temps et bien réfléchir. Autant économiser temps, salive, énergie.

De ces deux grands principes fondamentaux qui apportent la paix de l'âme se joignent d'autres principes adjacents, comme le calme (immobilité et silence), le recul, et surtout, comment gérer la solitude. Finalement Meretseger est cette Déesse qui, contre toute attente, est finalement la plus proche de moi : elle est ce dont j'ai besoin, et ce à quoi j'ai aspiré pendant très longtemps, le calme et la vie monastiques. Ce retrait de la vie brouillon et faussement mouvementée, ce retour à l'essentiel. La méditation, le silence, la prière. Le grand, le vrai calme intérieur. Meretseger après tout, malgré ses furies contre les injustices, est une Déesse de la paix de l'âme : les âmes des morts dont elle protège les sépultures, mais aussi la paix intérieure de vivants pour ceux qui savent l'écouter.

- et finalement Elle m'apprend aussi le pardon. Je viens seulement de m'en rendre compte et de le comprendre, donc je n'ai pas encore commencé à approfondir. Néanmoins je me suis rendue compte que c'est un de ses traits majeurs, les plus connus peut-être. C'est mal compris car elle foudroie les pécheurs, les rend malades ou aveugles, mais ceux qui reconnaissent leur faute sont grâciés et aimés comme en témoignent des nombreuses stèles et textes. J'ai toujours trouvé que le pardon était quelque chose de fondamental, et la première et seule phrase en égyptien ancien qui m'avait marquée parlait de ça : "in mrwt htpn", soit, "pour l'amour du pardon". Aujourd'hui je lui dédie cette phrase qui m'a suivie depuis mon adolescence... Et j'essaierai d'avancer doucement sur la voie du pardon.


Finalement je rajouterai un dernier point qui ne concerne pas son enseignement, mais la complexité du rapport entre nous. Peut-être entre tous les fidèles mais je ne connais personne qui travaille avec Elle. Contrairement à tous les autres Dieux elles refusent les offrandes. Du moins, ça ne lui plaît pas. Les seules qui vaillent pour elle me semble-t-il d'après mes expériences sont les actes. Elles ne veut pas de fleurs, pas vraiment de dessins, ni des chants (elle aime le silence!), ni des danses, ni de la nourriture... elle ne veut rien d'autres que ma dévotion silencieuse, éventuellement des prières (ça a semblé lui faire plaisir), parfois de l'eau fraîche, mais surtout des actes, mes progrès sur ses leçons fondamentales.

Même si c'est étrange et fondamentalement différent, je me sens heureuse de cette relation forte qui s'est installée. De ce lien qui malgré la distance et les difficultés ne s'estompent pas. Je crois que c'est une chance, et ça m'apprend beaucoup.


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Commentaires de l'époque :
 





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