Voilà un moment bien étrange.

Les Dieux se font distants pour la plupart. Je ne suis plus très réceptive, très occupée à déblayer les décombres de ma personnalité. Les Dieux de l'Egypte sont ceux qui me sont souvent le plus distants malgré mon histoire personnelle... et pourtant c'est là que Meretseger repointe son nez.  Que se passe-t-il ?

Meretseger, Déesse silencieuse, pourrais-tu être plus claire ?

"J'y pense et puis j'oublie", comme souvent. En fait je me suis rendue compte ce matin que ça faisait une petite semaine (10 jours?) qu'elle était revenue. J'y pense, et pour moi ça veut dire gros vu l'état encombré de mon esprit! Si j'y pense, si je croise des signes, c'est qu'il est se passe quelque chose. Très subtiles, discrètes, des visions, des sensations... et puis cette nuit un rêve, étrange, dont je ne me rappelle pas grand chose. Mais il me semble que je me voyais la servir, probablement même que je me suis vue écrire ici un nouvel article, présenter Meretseger, la faire connaître.... Et du coup je me suis rappelée que j'avais déjà eue cette même vision plusieurs jours auparavant, que cette idée était dans mon esprit.

Je me lève, je laisse ça de côté, je n'y pense plus, c'est presque oublié. Sauf que j'ouvre ma boîte email après avoir travaillé, et j'y trouve un signe, énorme. Après tous ces mois de vide, une bougie a été allumée dans son sanctuaire. Avec un message étrange.
Alors entre les rêves, et ce message coïncidence, je m'interroge. Que veux-tu me dire Ô Déesse ? Peux-tu être plus explicite pour ta fidèle ?

La volonté des Dieux est mystérieuse. Je suis très touchée de cette nouvelle venue. J'y ressens beaucoup de grâce... et pour une fois, je ressens la Déesse comme très bienveillante et généreuse.
 
 
Une question qui finalement se retrouve partout sur le net, chez les anglophones comme les francophones, une question cruciale : pourquoi chercher une religion ailleurs que chez soi ? comment peut-on être polythéiste de dieux autres que sa culture ? Moi ça ne m'a jamais frappé particulièrement... sauf que quand je vois des organisations vraiment religieuses sur un sol éloigné de la terre d'origine (ex: des bosquets druidiques reconstructionnistes au Canada). Mais finalement, c'est toujours pareil, la foi est personnelle, on peut choisir, pas de règles ! Mais des groupes n'auront pas moins de légitimité que des individus qui se cherchent, puisqu'il s'agit de regroupement d'individus... XD Bref.

Il n'empêche que j'ai un professeur diantrement intéressant qui fait des incursions hors de notre discipline (littérature anglaise) et qui m'a fait réfléchir au khémitisme ! Nota : pour rappel, je ne suis pas khémite, mais j'honore des dieux de tous les panthéons (principe du polythéisme).

Pourquoi être français et khémite n'est pas du tout absurde ? Parce que cela fait partie de la culture française, si si...
  • Parce que Napoléon s'est intéressé de près à l'Egypte
  • Parce que Champollion le déchiffreur de hiéroglyphes était français
  • Parce que plus largement il y a eu une très grande vague (même plusieurs) d'égyptologie française
  • Parce que le mouvement romantique français a eu un exotisme très typé qui n'était pas dirigé que vers l'Orient lointain mais aussi vers l'Egypte
  • ....
Je pense qu'on pourrait largement plus creuser la question de la place de l'égyptologie dans la culture française, mais voici des pistes qui m'ont semblé intéressantes !
 
 
Lorsque je me suis inscrite la première fois sur Ta Noutri, j’ai dû passer par une étape importante qui me semblait inévitable : le choix d’un nom.

C’est étrange comme le rapport à ces lettres qui nous caractérisent est puissant. Je n’ai pas eu à me poser la question, c’était une évidence : je ne pouvais pas m’inscrire sous le nom de « Valiel ». Ça ne collait pas. En tant que personne intéressée par cette culture et cette spiritualité , je me devais de choisir un nom qui serait reconnu au sein de la communauté, et avant tout par les Dieux. J’ai lu qu’un khémite doit se choisir/trouver un nom de croyant d’ailleurs, et je me demande s’il doit être différent du « pseudo », s’il a une fonction particulière comme un nom magique. (C’est à dire si je choisissais cette voie, je crois que je devrais me choisir un autre nom khémite – à vérifier.) Quoiqu’il en soit j’ai dû chercher un nouveau nom… Et pourtant quand je regarde, je remarque deux choses : d’une part ça n’a pas pris si longtemps, et d’autre part j’ai l’impression de l’avoir toujours porté, j’ai l’impression qu’il n’est pas tellement différent de « Valiel », il est moi

Hedjet Meretseger.

J’aime sa sonorité. J’ai d’abord choisi le premier mot. Il a été peu évident de trouver un nom qui me plaise musicalement, qui ne soit pas trop commun, et qui me corresponde surtout. Je remarque que j’ai pris un nom assez abstrait finalement, plus « ouvert ». Hedjet signifie simplement « la blanche ». Il renvoie à mon histoire et ma mythologie personnelle, je ne suis même pas sûre de connaître toutes les raisons pour lesquelles je l’ai choisi. Il y a d’abord la couleur de la peau, parce que je serai une « khémite » (enfin une personne qui révère les Dieux Égyptiens) blanche ; et pour la symbolique de la peau, il en va aussi du fait que j’ai un teint laiteux. Pas forcément le plus laiteux qui soit, mais il est irrémédiablement blanc : tous les étés je passe des heures au soleil à me faire brûler la peau, mais je reviens toujours aussi blanche. On m’a toujours fait la remarque, et ça m’a valu de l’incompréhension de la part « d’amies » qui suivent le formatage social (faut avoir la peau bronzée) et sans « culture » : les peaux de rousse, tu peux en faire tout ce que tu veux ça restera blanc. Ca a donc toujours été une distinction identitaire chez moi, depuis plus jeune. Ca a également été beaucoup plus loin, lorsque je me suis rapprochée du courant gothique, et que j’ai cultivé mon esthétique romantique (dans le sens premier du terme, celui du XIXes). On m’a d’ailleurs plusieurs fois fait la réflexion, que je semblais décalée dans le temps, plutôt échappée du XIXes…  « La Blanche », c’était aussi parce que le blanc est ma couleur préférée, depuis mon lycée, sans que j’arrive vraiment à expliquer pourquoi. Difficile à porter, mais c’est ce qu’il y a au fond de moi. La pureté, la Lumière surtout. Spirituellement parlant, ça me parle d’éveil, d’illumination, de prêtrise, …. Mais je dois tirer ça de ma mythologie personnelle qui a commencé à se forger en 2nde. La Lumière a de l’importance pour moi, notamment l’idée de Lumière dans l’obscurité et dans la nuit : j’étais symbolisée par l’étoile pour cela – et le blanc m’évoque d’ailleurs la couleur d’une étoile. Peut-être aussi « la blanche » pour la simplicité, le dénuement : c’est ma façon de me présenter aux Dieux Égyptiens, en toute humilité. Peut-être aussi l’innocence, comme un nouveau né : Hedjet qui naît aux Dieux Égyptiens.

Je pensais donc partir avec cette base, et puis je ne pouvais pas me lancer. Ça n’allait pas, ne me convenait pas. En fait il manquait quelque chose, c’était trop court, pas encore complet. A ma grande surprise donc, il me fallait une deuxième particule : comme moi, il lui fallait deux jambes pour marcher.Et effectivement, lorsque j’ai eu apposé le deuxième mot, il s’est produit quelque chose de très fort… Ce nom s’est scellé énergétiquement, il est devenu un seul mot, un seul moi : à l’image de mon symbole personnel, mon Temple a deux piliers, mon nom devait avoir deux colonnes pour être. Meretseger. Je me suis rendue compte qu’il y avait plusieurs façons de l’écrire, et plusieurs orthographes. Ça m’a perturbée au départ, et puis en fait, j’ai ressenti que d’instinct et par le hasard le premier qui c’était présenté était le bon ! Bonne sonorité, jolie à mon oreille. Quant à sa signification, c’est une Déesse. Une Déesse plutôt « sombre » encore une fois : Déesse de la Vallée des Morts, qui règnent dans l’humidité, le froid, l’obscurité des tombes, qui, dans sa solitude, veille sur les morts. Déesse associée au serpent, elle punit les hommes parfois et leur apprend le repentir,  des notions de vengeance assez rares chez les égyptiens, et surtout dans les autres paganismes. Ambivalente donc. Mais je me suis identifiée à l’obscurité et la fraîcheur, à ce rôle de veilleur que je vis depuis des années, et à l’intérêt et la protection des morts… Une Déesse qui m’a donc immédiatement parlée alors même que je voulais redécouvrir cette culture et cette foi. C’est mon guide, et elle est donc ce deuxième pilier qui me fait être. En tant que personne qui renaît à elle-même et naît aux Dieux de cette religion, elle est donc la première qui me porte, et me guide, elle me correspond.

Hedjet Meretseger, comme m’a dit Neb-Maâty-Rê :

Comme Celle qui Aime le Silence, dans et jusqu’au sommet de la Cîme,
elle seule sait la simplicité unique de la Flamme blanche
qui brille en chaque Akhou vénérables qui ont rejoint les Champs d’Ialou


Grâce à ce nouveau nom, je peux désormais repartir à la recherche de mes origines, car la culture égyptienne antique est parmi les premières que j’ai découvertes… Langue égyptienne antique, panthéon par cœur, déchiffrement des hiéroglyphes, vie quotidienne, vie politique… Et dans ma volonté d’explorer tous les panthéons, je souhaite revenir à celui-ci dans les premiers, justement pour redécouvrir ce lien que j’avais à la lumière d’un point de vue païen…

Hedjet Meretseger, comme dit Neb encore :

tu brillais par ton silence (hedjet=brillante / meretseger=qui aime le silence)
mais voilà que tu nous illumines
par ta présence

sois justement louée


Tout ça confirme que je ne pouvais pas mieux trouver.