Khepry est très souvent connu pour son aspect zoomorphe : son assimilation au scarabée. Dans cet article j'essaierai de centraliser les réflexions sur ce sujet.

Remarques préliminaires

Il faudrait se renseigner sur la distinction entre les différentes variétés de scarabées. Car peut-être que Khepry est représenté sous deux sortes de scarabée ? Le bousier assurément, puisqu'il pousse tantôt le disque solaire lui-même, tantôt sa boule d'excrément, mais peut-être aussi le cétoine ? Dame du Lac m'a en effet donné ce lien qui apporte des précisions sur ce point, le/la cétoine semble être présent dans le désert du Sinaï entre autre :

http://www.glaphyridae.com/cetoniinae/Ne_afflicta.html

Symbolique du scarabée
  • Carries the Golden Strand that leads to the Center of the Universe
  • Past lives
  • Spiritual enlightenment
  • Death and Rebirth
Source


Symbolique du scarabée en Egypte


Un peu de biologie : Deux espèces de scarabées figuraient en Égypte, une seule subsiste dans la vallée du Nil aujourd’hui. Le scarabée égyptien est de taille assez grande (20-40 mm), il est noir luisant. La deuxième espèce devait figurer en Haute Égypte, elle est d’une couleur vert métallique à reflets dorés et se situe de nos jours en Nubie et en Afrique Orientale. L’identité de ces deux espèces nous est fournie par la précision, la finesse de certaines figurations ainsi que la découverte de spécimens «momifiés». Dés la première dynastie (3000 avant J.C) l’insecte possédait déjà une importance culturelle. En effet l’on a retrouvé une petite boite en albâtre d’une longueur de 4 cm façonnée à l’image du scarabée, cette boite pouvait contenir l’insecte et être suspendu au cou. Le scarabée est un coléoptère coprophage qui fabrique et roule des boulettes d’excrément ; naturellement associé aux bouses dont il vit on lui donne le nom vulgaire de « bousier ».

Un dieu
créateur : Le scarabée est un dieu créateur pour les Egyptiens du fait de leur sens de l'observation et de la projection faite à partir du sujet observé : le scarabée stercoraire (Scrabeus sacer) sort d'une boule d'excrément (protégeant l'oeuf et la larve), qu'il pousse ensuite. Cela rapelle à la fois l'insecte (et le dieu) qui s'est lui même crée, mais aussi le dieu qui pousse le soleil devant lui, d'où la vénération du scarabée sous le nom de Khépri "Celui qui sort de la Terre", nom ayant la même sonorité que le concept signifiant "venir au monde sous une forme donnée". A noter que la couleur noire du scarabée est celle de la terre fertile et évoque la vie jaillissant du néant. Dieu solaire par exellence, dès l'Epoque Archaïque, il est identifié à Atoum à Héliopolis, et en tant que dieu solaire naissant, il est doté d'ailes de faucon. L’action de pétrir sa boule qui donnera la vie est un acte réalisé également par le dieu bélier Khoum, dieu créateur de la vie, générateur des espèces vivantes modelant sur son tour l’œuf dont toute vie doit sortir.ction. Outre le scarabée solaire, il existe d'autres types de scarabées. Les Hyskos y gravent leur noms ou des motifs ornementaux et ils utilisent comme sceaux.
Le scarabée du coeur est proche du scarabée solaire mais, outre le symbole de ressurection, il rapelle le coeur par sa forme et est associé à cet organe. Du Nouvel Empire l’on connaît des scarabées du cœur en forme de sphinx avec des pattes ou des bras humains et tête humaine. Au Nouvel Empire également, on voit des scarabées particuliers, en néphrite, portant sur leur face intérieure le chapitre 30B du Livre des Morts contenant la formule par laquelle le défunt recommande à son coeur de ne pas témoigner contre lui au cours de la psychostasie. Par sa fonction l’objet devient ici une amulette protectrice. On rencontre aussi le scarabée sous forme de pectoral flanqué des ailes du faucon, il était placé sur la momie et porte généralement le chapitre 30B du Livre des Morts.

Le culte du scarabée : Le culte de Khépri à toujours était célébré, il est figuré dans la tombe de Ramsès Ier et de Nefertari sous la forme d’un homme dont la tête est remplacée par un scarabée tout entier. Des milliers de scarabées de diverses tailles garnissent les vitrines des musées, des scarabées colossaux furent édifiés dont le plus connu aujourd’hui est celui d’Aménophis III prés du lac sacré à Karnak. De nombreux pharaons possèdent le scarabée dans leur deuxième nom, il exprime une manifestation : Kamosé, les Aménophis, les Thoutmosis, Akhénaton, Toutankhamon ainsi que des pharaons de la XXIème dynastie.

Son nom : Les ancêtres lointains avaient nommé « kheprer » cet insecte, or quand vint l’écriture le scarabée fut bien utile pour noter un terme aussi abstrait et complexe que « venir à l’existence » (= kheper). Pour les anciens « venir à l’existence », « être » et « devenir » furent associé aux idées de génération spontanée et de renouvellement dont le scarabée était étroitement associé.

La boule d'excrément
: Le scarabée est aussi un insecte volant ce qui le met en rapport avec toute la gent volatile et comme les oiseaux il occupa une place importante dans la mythologie égyptienne. Comme dans la plupart des traditions le vol est en rapport avec le ciel, donc avec le séjour des dieux. La boule du scarabée était appelée par les Égyptiens «Nehepet » ou « Nehepou», ce mot a pour racine nehep qui signifie, "tour de potier". Une fois la boule confectionnée celle-ci est détachée de la bouse et l’insecte adopte une attitude et une démarche particulière pour la pousser sur une courte distance. Il progresse à reculons poussant la boule à l’aide de ses pattes postérieures ayant ainsi l’arrière corps plus haut que la tête. Les Égyptiens dessinaient la boule du bousier comme le soleil, c’est à dire à l’aide d’un disque, d’un cercle. L’enfouissement en terre de la boule après creusement d’un puits oblique et d’une chambre souterraine, donna au scarabée une nature en partie chthonienne.

Un insecte lié à l'ordre : Le cercle et la sphère n’ont cessé de fasciner les hommes, leurs donnant toute une symbolique lié à la vie, à la mort, à l’éternité..., pour les anciens Égyptiens la principale peur était probablement le retour au chaos initial. Ce chaos, d’où les dieux avaient fait surgir le monde vivant et organisé, restait cantonné aux limites de ce monde, pouvant à chaque instant prendre le dessus si la Maât n’était pas respectée. Pour éviter ce retour du chaos une seule solution : le maintien de l’ordre, de Maât.
Si le scarabée a revêtu une telle ferveur, c’est qu’une de ses fonctions principales, était liée à l’ordre. En effet cet insecte à partir d’une masse amorphe, la bouse, il fabrique un objet organisé, rond, une boule régulière semblable par sa forme au soleil. Il est actif au petit matin, au soleil levant et la bouse séchée sert de combustible donnant un lien avec le feu et la chaleur solaire. Tous ces éléments ne pouvaient que faire de cet insecte un dieu solaire.

Un insecte mâle
: Le scarabée était considéré n’être que mâle par les anciens Égyptiens et par plusieurs auteurs de l’antiquité tardive comme Horus Apollon (Grec), Esebé de Césarée, Plutarque... Dans le chapitre 167 du «Livre des Morts», chapitre qui est une «Formule pour empêcher que le corps de l’homme ne périsse dans l’empire des morts», il est écrit concernant le dieu Amon : «... O Amon, scarabée mâle, maître des deux yeux sacrés...» Pour les anciens cette boule pétrie était l’œuf où l’insecte y dépose sa semence, laquelle se transformait en jeune scarabée.

Le scarabée utilisé en médecine : La pharmacopée égyptienne utilisait le scarabée dans le traitement des maladies féminines ou pour aider à l’accouchement, ce qui était en parfaite harmonie avec la connotation de (re)naissance. Le démembrement naturel du scarabée se compose de 14 parties (Le nombre 14 est en rapport avec les cycles lunaires, 14 est égal à une demi-lunaison, 28 évoque aussi le cycle mensuel féminin. ) : la tête, le prothoron, le méso-métathorax, l’abdomen, les deux élytres, les deux ailes et les six pattes.

Le signe "chen" à l'arrière du scarabée
: Après avoir enfoui la boule dans la chambre funéraire, celle ci va avoir deux destinées : elle servira à la ponte puis deviendra nourriture de la larve qui se transformera en scarabée. Lorsque le scarabée mange une partie de la boule nous assistons à un phénomène qui n’était pas passé inaperçu pour les anciens Égyptiens. Tout en mangeant, le scarabée rejette par l’arrière une substance noire, semblable à une cordelette. Les Égyptiens ont quelques fois représentées à l’arrière du scarabée le signe «chen» ou «chenou». C'est une cordelette repliée en forme de boucle, ce signe en s’allongeant donnera le cartouche où s’y inscriront les noms et prénoms du roi, ou le nom des dieux.

Le scarabée en amulette : L'amulette du scarabée devient très populaire comme source de lumière et de chaleur et accompagne le défunt comme symbole de résurrection. Outre le scarabée solaire, il existe d'autres types de scarabées. Les Hyskos y gravent leur noms ou des motifs ornementaux et ils utilisent comme sceaux.
Le scarabée du coeur est proche du scarabée solaire mais, outre le symbole de ressurection, il rapelle le coeur par sa forme et est associé à cet organe. Du Nouvel Empire l’on connaît des scarabées du cœur en forme de sphinx avec des pattes ou des bras humains et tête humaine. Au Nouvel Empire également, on voit des scarabées particuliers, en néphrite, portant sur leur face intérieure le chapitre 30B du Livre des Morts contenant la formule par laquelle le défunt recommande à son coeur de ne pas témoigner contre lui au cours de la psychostasie. Par sa fonction l’objet devient ici une amulette protectrice. On rencontre aussi le scarabée sous forme de pectoral flanqué des ailes du faucon, il était placé sur la momie et porte généralement le chapitre 30B du Livre des Morts.

Les scarabées commémoratifs : Des scarabées commémoratifs font leur apparition dès la première année du règne d'Amenhotep III, ils sont plus grands que les autres et portent sur leur base plate un long texte retraçant des évenements particuliers. Les premiers portent la titulaire complète du roi, suivie des noms de son épouse Tiyi et de ses parents. La série de scarabées célébrant l'exeptionnelle chasse aux taureaux sauvages date de la deuxième année de règne. De la même façon, les scarabées de la chasse au lion glorifient les actions accomplies par le roi au cours de dix années de chasse au fauve. La dixième année est marquée par la série de scarabées célébrant l'arrivée en Egypte de Ghiloukhépa, princesse du Mitanni, avec trois cent dix-sept femmes choisies dans le harem du roi du Mitanni, Sutarna. La dernière série de scarabées commémoratifs date de la onzième année de règne d'Amenhotep III à l'occasion de la construction d'un grand bassin de soixante hectares destiné à l'irrigation de terres qui appartenaient à la reine Tiye, peut-être à Djariuka, au Nord d'Akhmîn.

Source



Khepry dans son aspect scarabée

- Dieu de la création
- Dieu potier   (recherches à faire - voir article de Constance Vagne)
- Dieu chthonien, des chambres funéraires....
- Dieu de l'au-delà ? (recherches à faire
- Dieu de la fertilité
....

(compilation personnelle)
 


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